Bio — Élie Miron
Élie Miron est un artiste peintre contemporain basé dans les Laurentides, au Québec.
Une trajectoire intime, là où le geste commence — et se poursuit.
Artiste peintre et artiste visuel, je développe une pratique ancrée dans l’observation du vivant, l’intuition et l’expérimentation.
Origines
Élie Miron (né en 1976 à Laval, Québec) est un artiste visuel basé à Saint-Jérôme, dans les Laurentides. Il a grandi à Saint-Léonard-d’Aston, sur une ferme porcine, dans un rapport direct au territoire et au rythme du vivant. Très jeune, il passe du temps seul en nature, à observer comment tout interagit, se transforme, se répète et se rééquilibre. Cette manière de regarder — attentive, curieuse, patiente — est restée au cœur de sa pratique : pour lui, la vie est déjà une composition, et l’observer est un geste créatif en soi.
Créer, depuis toujours
Enfant, il sait qu’il veut créer. Inventer. Fabriquer des idées, des concepts, des mondes. Son premier rêve, pourtant, est simple et immense : fonder une famille. À l’adolescence, il comprend qu’il est un artiste — sans trop savoir par quel bout commencer. Il dessine, mais peu. Les émotions prennent beaucoup de place, parfois au point de le paralyser. Il doit d’abord apprendre à vivre avec cette sensibilité, à la comprendre, à l’apprivoiser.
Urgence de vivre
Dans son enfance, Élie est impulsif et casse-cou. Très jeune, il vit un épisode de santé grave qui l’amène à l’hôpital pendant plusieurs semaines. Il n’a jamais eu peur de mourir, mais quand il revient à la maison, quelque chose a changé : une urgence de vivre, moins de peur, plus de gratitude. Depuis, chaque moment lui semble un privilège — et cette reconnaissance traverse sa manière de créer.
Départ et deuil
À 14 ans, il quitte Saint-Léonard-d’Aston. Pour lui, ce départ n’est pas un choix : c’est un arrachement. Un deuil de son endroit de vie, de ses ami(es), de sa dynamique. Cette coupure reste là, comme une trace, quelque chose qui continue de travailler en silence.
Arts graphiques : le canal
Il écrit. Il cherche un canal. Et c’est dans les arts graphiques qu’il trouve, pendant longtemps, un équilibre entre le concret et le créatif. Dès 1996, il évolue en graphisme et en techniques d’imprimerie, puis comme travailleur autonome : production, relation client, gestion de projets, accompagnement. Une longue période qui lui donne le sens du réel, du détail, du “projet-laboratoire” — cette zone où une idée devient une forme.
2019 : se donner la permission
Plus tard, après avoir fondé sa famille et après avoir appris à habiter sa sensibilité plutôt que de la subir, Élie se donne enfin la permission d’y croire. En 2019, il amorce une pratique artistique indépendante et autodidacte : voir si ce qu’il porte depuis l’enfance peut naître à travers des œuvres et toucher des gens.
2021 : retour au village, Chez Boris
En 2021, il découvre Chez Boris, et Denys — initiateur du lieu — l’accueille. Ce geste devient un pivot. Retour au village, retour à l’endroit où, plus jeune, la croyance en lui était entière, brûlante, pleine de possibles. L’accord de Denys agit comme une confirmation : malgré les années, le fil n’était pas rompu. Comme si le temps pouvait, lui aussi, travailler pour lui. Et que la suite pouvait recommencer, au bon endroit.
Ces résidences lui permettent aussi de faire un deuil : celui de ne plus y habiter. Mais elles ouvrent autre chose, plus vivant. Revenir, à l’occasion. Être présent autrement. Continuer de faire partie de l’histoire du village. Transformer la tristesse d’être loin de ses ami(es) en gestes simples : un appel, une visite, une sortie, un souper. Réhabiter le village en marchant ses rues, en saluant les gens, en se racontant des souvenirs — et en faisant circuler, encore, l’histoire de cet endroit qui reste précieux.
Démarche : périodes, intuition, cohérence
Sa démarche se construit par périodes, par micro-collections, par essais. Il avance à l’intuition, en répondant à ce qui le traverse au présent — concepts, émotions, images, idées de techniques — puis comprend souvent après coup ce que l’ensemble raconte. Il évite le “il faut”, protège le naturel du geste, et fait confiance à une cohérence qui se révèle avec le recul.
Moteurs et langages
Ses moteurs de création sont clairs : la nature, l’observation humaine et l’humour — souvent absurde — comme façon de dire vrai. Selon les projets, il peut passer d’un style plus réaliste à une énergie plus brute, presque enfantine, ou quitter l’objet physique pour explorer la vidéo, la musique, le poème ou la performance. L’important demeure la présence : une énergie qui parle.
Traces et accessibilité
Élie documente ses œuvres avec soin, convaincu que l’esprit d’une pièce — l’intention, le concept — occupe autant de place que la matière. Mises bout à bout, ses créations tracent un fil d’Ariane : un récit en cours d’écriture. Rendre l’art accessible fait aussi partie de sa démarche : c’est dans cet esprit qu’il a créé un atelier de reproduction et d’impression Fine Art, afin que son univers puisse circuler en éditions de grande qualité, fidèles à l’original.