Réalisée sur un skateboard spécialement conçu pour le BoardShow 2023, Les femmes et les enfants d’abord est une œuvre-totem signée Élie Miron, qui dresse un portrait critique et sans compromis de la société contemporaine.
La composition s’élève verticalement, comme une hiérarchie symbolique. À la base, un cochon incarne le capitalisme prédateur et les abus de pouvoir. Au-dessus, une femme forte lutte, crie et s’impose, rappelant que prendre sa place demeure encore un combat. Vient ensuite une créature liée à la nature : libre, rieuse, sans peur, convaincue que, quoi qu’il arrive, elle saura trouver son propre chemin.
Au centre du totem, l’enfant devient le point de tension. Pris dans ce chaos collectif, il tente de croire à l’avenir tout en portant l’angoisse d’un monde incertain. Plus haut, l’astronaute symbolise les espoirs placés dans la science, la technologie et la connaissance pour réparer nos dérives.
Au sommet apparaît le pape, non pas comme figure salvatrice, mais comme incarnation des abus du pouvoir d’influence. Il représente ces autorités — religieuses, politiques ou idéologiques — qui façonnent les récits, orientent les croyances et mènent parfois les sociétés vers des fausses routes, sous couvert de morale ou de vérité.
Réalisée en technique mixte et protégée par un vernis lustré, l’œuvre allie satire, gravité et lucidité. Les femmes et les enfants d’abord ne propose pas de solution : elle expose, questionne et oblige le regard à traverser, de bas en haut, les contradictions de notre monde.