Avec Retrovolution, Élie Miron s’amuse à mettre en scène un phénomène bien connu : ces discussions animées entre personnes d’un certain âge, polies mais entêtées, convaincues d’avoir absolument raison. L’artiste s’inspire de ces échanges épiques où deux « têtes de mules » s’astinent sans fin, chacune campée dans sa certitude. Le plus drôle ? On sait déjà qu’aucun des deux ne gagnera. Et pourtant, quel spectacle délicieux à observer.
L’œuvre devient alors une satire douce-amère de la sagesse… ou de ce qu’on prétend être la sagesse. Si on se fiait vraiment à ces débats immuables pour bâtir l’avenir, on assisterait sans doute à une révolution à l’envers : une Retrovolution. Un clin d’œil ironique et tendre à ces joutes verbales qui n’avancent pas d’un pouce, mais qui créent des scènes fascinantes, cocasses et étrangement réconfortantes.
Parfaite pour ceux qui aiment l’art qui observe le quotidien avec humour, lucidité et une bonne dose d’amour pour nos petites contradictions humaines.