Microsillon est né d’un plaisir très simple : celui du vinyle.
Le disque qu’on dépose, le petit craquement, la première note qui arrive comme une porte qui s’ouvre. Et ce réflexe de revenir… parce qu’on sent qu’il y a encore quelque chose à entendre, encore quelque chose à découvrir.
J’ai voulu offrir le même genre de voyage, mais avec les yeux. Une forme ronde, comme un disque, qui ne se livre pas d’un coup. Elle se laisse apprivoiser. On la regarde de loin, puis on s’approche, et le silence se met à parler : des micro-traces, des filaments, des chemins minuscules, des rencontres entre des formes qui se cherchent et finissent par se trouver.
La musique était là, présente, pendant la création — pas comme un décor, comme un souffle. Je me suis laissé guider par l’instant, par cette manière que la nature a de composer : une poussée discrète, une répétition, une variation, un équilibre qui arrive sans se faire annoncer. Un détail en ouvre un autre. Le petit appelle le grand. Le grand redonne sa place au petit.
Il y a là quelque chose du bois, du vivant, du ciel, du temps.
Comme si un même langage existait partout : dans une fibre, dans un micro-monde, dans une constellation.
Microsillon est une trace de ce moment-là.
Un disque qui ne se joue pas… mais qui s’écoute quand même.